Origines des TMS - Les facteurs organisationnels

Origines des TMS - Les facteurs organisationnels

Nous vous avons parlé les semaines passées des facteurs physiques et psychosociaux qui favorisent l’apparition des TMS. Aujourd’hui nous allons aborder les facteurs organisationnels.


Les facteurs organisationnels sont souvent plus évidents à détecter lors d’une étude ergonomique. En revanche, ce sont également les facteurs les plus compliqués à transformer lors d’une intervention, car ce sont souvent des déterminants liés à une politique d’entreprise, des choix économiques et des ressources humaines qui peuvent être très conséquentes.
Les facteurs organisationnels vont alors conditionner l’activité de travail de l’opérateur dans toutes ses dimensions, que ce soit au niveau physique avec l’aspect matériel de son poste, son environnement de travail ou les conditions dans lesquelles il travaille. L’aspect économique rentre également en jeu, tout comme les moyens mis à sa disposition et l’aspect culturel.


Ce sont souvent des enjeux qui sont au-delà du visible pour l’ergonome, il percevra ici les conséquences de l’organisation dans l’activité de l’opérateur. C’est en questionnant justement cette partie visible que l’on peut avoir accès à cette aspect invisible du travail.


Voici quelques facteurs organisationnels avec l’exemple des répercussions qu’ils peuvent avoir sur l’activité de l’opérateur :
Le « Flux Tendu » est une méthode de production qui consiste à produire seulement ce que le client a besoin, c’est à dire que l’entreprise ne dispose pas de stock d’un produit avec lequel elle peut jongler entre production et livraison. Cette organisation permet à l’entreprise de réduire, sur le plan économique, le coût en disposant de locaux plus petits, en évitant l’entretien des stocks et en acquérant seulement la matière première nécessaire à l’activité.

Cependant, le flux tendu a un contrecoup au niveau de l’activité des opérateurs, elle peut être source de stress en créant des “Rush” (= afflux de travail soudain et brutal), ou d’une activité soutenue et généralement violente pour les opérateurs, engendrant TMS, fatigue (physique et mentale), agacement et ou agressivité.
Certains labels, surtout dans l’agroalimentaire, exigent une organisation spécifique et la mise en place de traits particuliers pour garantir à l’entreprise un certain gage de qualité auprès des consommateurs. Par exemple, les normes IFS garantissent une qualité sur les produits relativement irréprochables. Les contrôles dans les entreprises peuvent être fréquents, on peut voir la mise en place de blouse, charlotte et paire de gants dans certains ateliers afin d’assurer une certaine hygiène environnementale.

Il y a alors une organisation qui peut par exemple contraindre l’activité de prestataires extérieurs (travaux, installations de nouvelles machines, etc.) avec des tenues et règles spécifiques, de façon à conserver dans tous les cas cette sécurité alimentaire. En allant plus loin, c’est même l’organisation au niveau de la disposition des ateliers qui peut être impactée, pouvant alors apporter des contraintes entre zone “propre” ou non.
Pour des entreprises avec une organisation de type saisonnière, les besoins en opérateurs sont forts sur certaines périodes de l’année, ce qui permet à l’entreprise de maximiser son coût au niveau des employés en engageant seulement ces opérateurs lors de pic de production.
Du point de vue de l’opérateur, ce sont généralement des emplois bien rémunérés pour compenser le fait que ce sont souvent des métiers pénibles, avec une incertitude en termes d’employabilité (Cf. Article sur les RPS). Les entreprises peuvent éviter de mettre en place des formations pour leurs opérateurs, et induire des risques à tous les niveaux. Nous pouvons rajouter également des contraintes indépendantes de l’employé comme la météo, la consommation ou le risque de pandémie par exemple.
Le travail de l’ergonome n’est pas alors de trouver l’organisation parfaite, car il y a toujours des personnes qui s’adaptent parfaitement à chaque type d’organisation, mais l’ergonome doit apprendre à composer avec, et trouver les pistes les plus appropriées pour les opérateurs et pour l’organisation afin de répondre au maximum des attentes.