Les enjeux de l’intégration d’un DAP

Une fois le diagnostic réalisé par l’ergonome, celui-ci est capable de présenter des pistes de préconisations en adéquation avec le besoin formulé. Les pistes de préconisations sont en étroit lien avec l’activité de travail étudiée. C’est par l’étude de l’activité réelle, les échanges avec les opérateurs et le cadrage de l’intervention que l’ergonome va pouvoir proposer des pistes de préconisations pertinentes et réalisables.

Le DAP (Dispositif d’Assistance Physique) peut faire partie de ces pistes de préconisations, sans être systématique puisque les préconisations, comme indiquées plus haut, doivent être adaptées à l’activité étudiée. Discutons à présent des enjeux que représente l’intégration d’un DAP au sein d’une organisation.

Pour une intégration optimale, efficace et efficiente, plusieurs aspects sont à prendre en considération.

Bien cibler le type de muscles/groupes musculaires que l’on souhaite assister via un DAP. En effet, une assistance du “bras” ne suffit pas à définir le type de DAP à mettre en place, il y a de nombreux types de mouvements possibles avec les membres supérieurs, et une combinaison de mouvements encore plus grandes. C’est pourquoi le diagnostic permet de mettre en avant les tâches qui nécessitent des mouvements pouvant être pénibles pour les opérateurs, qui deviendront les mouvements pouvant nécessiter la mise en place d’un exosquelette.

En tant que nouvelle technologie, l’exosquelette est source d’imaginaire et d’idées reçues. On imagine souvent un dispositif tantôt robotisé, tantôt sur l’ensemble du corps, rendant les mouvements involontaires et permettant de porter 50kg sans rien ressentir. Il est alors très important d’informer et former à ce qu’est un exosquelette, à quoi cela ressemble, à ce que l’on cherche à mettre en place, pour rassurer les utilisateurs, mais également les intégrer dans cette démarche de co-conception d’un DAP autour d’une activité de travail.

Au même titre qu’un casque de chantier, l’exosquelette vient s’adjoindre au schéma corporel, c’est-à-dire qu’il va être amené à transformer les sensations liées aux mouvements, rajouter une épaisseur supplémentaire au corps etc. Le rôle de l’ergonome dans cette intégration est d’accompagner l’utilisateur dans sa prise en main, notamment en sensibilisant aux enjeux de santé qui peuvent en découler ; un bon réglage mènera vers une “bonne utilisation” tandis qu’un mauvais réglage peut venir créer de nouvelles contraintes.

Les points évoqués ci-dessus ne sont évidemment pas exhaustifs, d’autres points plus spécifiques peuvent découler du diagnostic de l’ergonome, lorsque l’étude de la complexité des situations de travail est plus approfondie.