Analyser une situation de travail

Une situation de travail ne correspond pas à un métier. La situation de travail doit être étudiée selon 3 approches, nécessaires à la bonne compréhension et prise en compte des différents éléments qui en font ce qu’elle est.

L’approche ergonomique prend en compte différents aspects de l’activité comme : les tâches, les objectifs/missions et l’activité réelle pour aborder la situation de travail. Il est également impératif de prendre en compte les différents spectres de la profession (physiologique, biomécanique, sociologique, psychologique, cognitif, social, économique, …).

Lors de l’analyse de l’activité de travail réelle, l’ergonome analyse les différents gestes réalisés lors de l’exécution de la tâche ainsi que l’environnement dans lequel l’Homme doit évoluer.

Il identifie les postures, les mouvements répétitifs, les efforts musculaires ou encore les éléments de l’environnement qui apportent une contrainte physique pour les opérateurs.

Qu’est-ce que l’on analyse ?

En premier lieu, une situation de travail peut s’observer selon l’approche “Mission-Tâches-Activités” que l’on peut traduire par « : « Qu’est-ce qui est demandé ? », « Comment l’opérateur doit-il réaliser cela ? » et « Comment l’opérateur réalise cela ? ». La mission exprime les finalités (ou sens) des actions réalisées par un opérateur dans le cadre de son activité professionnelle. Les tâches quant à elles représentent les opérations à réaliser, ce qu’il doit faire, ce qu’il lui est demandé.

L’activité de travail de l’opérateur représente la manière dont les résultats sont obtenus et les moyens utilisés, c’est-à-dire la différence entre ce qu’il lui est demandé et ce qu’il fait réellement pour l’atteindre.

Pourquoi analyser une situation de travail ?

Dans le cadre de projets tels que l’intégration de nouvelles technologies ou réaménagement des espaces de travail il est d’abord nécessaire d’analyser les situations de travail des acteurs concernés. Cette analyse de l’activité de travail permet de comprendre le fonctionnement et les enjeux de cette dernière au sein de l’organisation dans laquelle elle évolue. L’analyse est essentielle pour identifier les déterminants de l’activité qui nécessitent une modification ou adaptation dans le but d’améliorer les conditions de travail des opérateurs.

Elle permet de comprendre l’activité de l’opérateur dans l’ensemble des spectres évoqués plus haut, et de proposer la solution la plus adaptée aux besoins réels.

Qui analyse une situation de travail ??

Dans le cadre professionnel ce sont les médecins du travail ou les ergonomes qui analysent ces situations afin d’adapter le travail aux opérateurs. Cependant, les opérateurs peuvent être amenés à s’observer entre eux s’ils ont été formés/sensibilisés auparavant (par exemple par le biais d’un groupe de travail animé par un ergonome ou par la mise en place de formation autopilotée par les opérateurs …)

Comment analyser une situation de travail ?

Tout dépend de ce que l’on cherche à analyser : un comportement, des compétences, des signes de fatigues/situations contraignantes physiquement, l’organisation, l’environnement, etc. Pour cela, l’ergonome dispose de plusieurs outils pour capitaliser ces données : grilles d’observations, vidéos, photos, entretiens, « verbatims », ou simplement des notes .

Ensuite, il y a plusieurs phases d’analyses, selon la profondeur que l’on souhaite atteindre dans l’analyse. Ainsi, on commence de façon « large » avec une vue globale sur l’activité, voire même de l’organisation, jusqu’à cibler une situation en particulier, ou même un geste.

Que fait-on après une analyse de situation de travail ?

Quand toutes les données ont été capitalisées, on peut ensuite les exploiter et passer à la phase d’analyse. L’ergonome cherche à faire émerger des réflexions, des questionnements en lien avec les retours des opérateurs, qui peuvent alors confirmer ou infirmer nos hypothèses. Cette phase d’analyse permet alors de dégager des pistes d’améliorations et ou des préconisations sur ce qui peut être mis en place pour l’opérateur, mais aussi plus largement pour la structure. Les données sont également utiles après leur exploitation et leur restitution à l’entreprise, elles sont capitalisées par l’ergonome pour lui servir de base de données sur des projets futurs et semblables.