La co-conception

La co-conception ergonome-opérateur, comment ça se passe ?

La co-conception consiste à prendre en considération l’utilisateur tout au long de la démarche pour qu’il puisse saisir les enjeux et objectifs tout en étant acteur du projet, afin que le concepteur s’assure de répondre correctement à ses besoins.

Pourquoi mobiliser la co-conception ?

Mobiliser la co-conception constitue des enjeux de taille pour le concepteur et l’utilisateur tels que :

  • L’analyse des besoins :
    Dans le cadre d’un projet d’intégration de solutions technologiques (exosquelettes dans notre cas), il est très important d’analyser les besoins de l’organisation qui souhaite investir dans un tel dispositif mais aussi des utilisateurs finaux qui seront équipés du dispositif. Cela permet, grâce à l’implication des utilisateurs, de les rendre acteurs du projet et de mieux comprendre et identifier leurs besoins (exprimés ou latents). En effet, la co-conception tend à favoriser les échanges (entre le “concepteur”, l’organisation et l’utilisateur) et donc facilite l’analyse de la demande par les ergonomes.
  • La réponse aux besoins :
    Les données récoltées par les ergonomes au cours de l’analyse sont confirmées par l’utilisateur, afin de s’assurer de cibler les bons besoins. Les équipes en charge de la conception gagnent alors du temps sur la proposition d’une solution en adéquation avec les besoins et problématiques soulevées.
  • L’acceptation et l’utilisation :
    Tout au long du projet, les utilisateurs deviennent co-concepteurs de la solution et cela favorise l’acceptation du dispositif ainsi que sa bonne utilisation. De plus, le principe d’impliquer les futurs utilisateurs dans ce type de démarche permet également de créer un sentiment “d’appartenance” vis-à-vis du produit fini, qui est partie intégrante de leur réflexion.
Comment la mettre en place ?

La co-conception doit suivre une démarche bien définie pour être correctement mise en place :

  • L’analyse de l’activité des opérateurs :
    Ici nous ajouterons à la démarche les entretiens sur postes qui nous permettent d’échanger avec l’opérateur sur son activité. Ceci permet de cibler clairement l’activité, et d’associer observable (l’exécution de la tâche, observations de l’opérateur sur son poste) à ce qui ne l’est pas (ressentis, opinions, …). C’est également l’occasion pour l’ergonome de “toucher” à l’activité (sentir les poids, les forces, les contraintes, les techniques, .…) et d’engager une relation de partage avec l’opérateur.
  • La prise en compte des contraintes matérielles :
    Cette prise en compte s’effectue selon 2 niveaux pour être efficiente : au niveau de l’opérateur et au niveau de la conception.
    Au niveau de l’opérateur il est nécessaire de comprendre son environnement et les contraintes auxquelles il fait face durant son activité. Ces contraintes sont à prendre en compte lorsque l’on souhaite réaliser une conception. Il faut soit composer avec ces contraintes si elles ne peuvent être supprimées, soit trouver une solution pour l’éradiquer. Au niveau de la conception, les contraintes à identifier concernent l’intégration de la solution au sein de son environnement.
  • Brainstorming/Card Sorting/Groupe de discussion/Conception par scénarii :
    Toutes ces méthodes de travail permettent de faire mûrir des pistes de réflexion en petit groupe. Elles permettent également de matérialiser des process de travail (par exemple sous forme de carte conceptuelle avec des post-it) pour s’assurer que l’on partage la même définition.
La phase de conception

Sur la base des précédentes étapes, les concepteurs et développeurs vont matérialiser des solutions. Celles-ci prendront différentes formes, allant du croquis à la maquette papier jusqu’au produit fini en passant par des étapes intermédiaires comme les maquettes dynamiques et les prototypes. Il s’agit donc de proposer des solutions sous des formes permettant des modifications rapides des formes qui permettront de valider les choix de conception. Cette étape permet par ailleurs d’explorer simplement et facilement des alternatives de conception, de les valider auprès des utilisateurs, par le biais de tests ou d’essais, et finalement d’améliorer la qualité des spécificités fonctionnelles.

L’installation et le suivi

Après la phase de conception, le produit est finalisé et il est implanté dans l’activité de travail des opérateurs. Le travail de recherche effectué en amont est fait de sorte à ce que le produit fini soit conforme aux attentes et puissent répondre aux besoins pour lequel il a été conçu. Cependant, il peut y avoir de nouveaux problèmes rencontrés après son installation. C’est pourquoi un suivi est effectué pour d’une part améliorer le produit sur une version future, et également améliorer les phases de réflexion par la suite.