Mesurer l’impact des solutions sur l’Homme

Mesurer l’impact, sur l’Homme, des solutions mises en place

En ergonomie, nous parlons de pistes d’améliorations et non de solutions. En effet, beaucoup de données, de paramètres et de variables sont à prendre en compte lors d’un diagnostic ergonomique. C’est pourquoi des itérations sont également nécessaires lors de la mise en place des préconisations afin de s’assurer qu’elles soient les plus adaptées.
Après que l’ergonome ait proposé ses pistes à l’entreprise, il peut aller au-delà de cette démarche en évaluant ce qu’il a mis en place, afin de continuer à faire évoluer ces dernières pour qu’elles répondent le mieux possible aux besoins de l’entreprise.
L’accompagnement et le suivi, tout au long d’un projet, sont très importants. D’une part, pour adapter au mieux la solution proposée à l’activité des opérateurs et d’autre part pour recueillir des données permettant de surveiller les bienfaits et méfaits des solutions mises en place.


Dans le cadre de l’intégration de DAP type exosquelettes il est pertinent d’évaluer les impacts de la technologie sur l’Humain. Il existe divers types d’évaluations selon l’étude menée (mise en exergue des douleurs, impact de la solution sur l’organisation, intégration de nouveaux outils, etc) :

  • Les évaluations physiologiques, avec la cardiofréquencemétrie pour analyser le rythme cardiaque ou l’électromyographie (EMG) pour étudier l’activité musculaire.
  • Les questionnaires, qui peuvent être utilisés si l’on souhaite récolter de la donnée au niveau d’une organisation qui compte un nombre important de collaborateurs, ou d’une organisation qui est difficile d’accès (localisation par exemple). Ces questionnaires permettent également de recueillir des retours de la part d’individus qui ne s’expriment pas ou peu puisque ces questionnaires sont anonymisés.
  • Les retours d’expériences et les feedbacks sont des types d’évaluations plutôt spontanées, qui peuvent être précises (échanger avec l’opérateur sur un point précis) ou alors avoir l’apparence d’une discussion. Dans le même principe qu’un entretien, l’ergonome doit diriger les retours d’expériences et les feedbacks de façon à ce que l’opérateur ne soit pas inhibé dans ses propos, et que l’ergonome puisse réussir à récolter les données qui lui sont nécessaires, ou de nouvelles données. Ces retours sont généralement fait après une période d’essai qui permet à l’entreprise de mettre en place les pistes préconisées, ou lorsque les opérateurs se sont bien appropriés les changements.

Le type d’évaluation va conditionner en partie les données que l’on va chercher, mais aussi leur qualité et leur quantité. Elles ne seront d’ailleurs pas forcément mises en place au même moment, ni avec les mêmes personnes.
Par exemple, dans le cadre d’évaluations sur un exosquelette récemment mis en place dans une entreprise, les évaluations physiologiques vont aider l’ergonome à confirmer la pertinence de la piste explorée ou le pousser à envisager de nouvelles voies de solutions. Les retours opérateurs sont tout autant précieux, ils permettent de mobiliser leurs connaissances croisées avec leur ressentis sur l’exosquelette. Cela va permettre de voir si des changements sont induits par l’apport technique dans l’activité, mais également voir si des changements sont à envisager.
Au-delà de l’apport à l’entreprise, les évaluations sont pour l’ergonome un support lui permettant d’emmagasiner de l’expérience et d’améliorer ses interventions.