Les limites à l’intégration d’un DAP

Dans le même cadre que les enjeux d’intégration, les DAP (Dispositifs d’Assistance Physique) peuvent présenter des limites dans leur intégration, c’est pourquoi une démarche adaptée est indispensable pour travailler sur ces limites, et surtout les considérer avant toute intégration.

L’analyse de la demande effectuée en amont permet, d’ores et déjà, de prendre en considération les obstacles auxquels l’ergonome peut se heurter dans le cadre de la mise en place d’un DAP : activité pas adaptée, environnement trop étroit, mauvaise expérience des opérateurs sur une présentation exosquelette dans le passé, cadre d’intégration trop rigide … Ce sont des points à creuser pour comprendre les difficultés qui peuvent survenir sur un projet d’intégration de DAP, qui peuvent être dans certains cas résolus, et d’autres non.

Un DAP n’est pas fait pour répondre à toutes les tâches, à défaut de parler de “manutention” avec un sens générique, tous ne fournissent pas le même type d’assistance, il est alors important d’étudier l’activité en amont et en réel pour comprendre à quel type de manutention nous avons affaire. Cette limite dans l’intégration d’un DAP peut également se surmonter par l’information ou la formation des acteurs dans les entreprises, afin de les sensibiliser aux DAP en général, mais aussi leur permettre de reconnaître ces situations particulières et les identifier, et ainsi guider les ergonomes dans leur analyse de l’activité.

Entreprise :
Enedis
Poste :
TST HTA
DAP :
Plum' spécifique aux travaux de bras en hauteur
Entreprise :
Les poteries d'Albi
Poste :
Émailleur
DAP :
Light spécifique aux manutentions répétitives

Une fois que l’exosquelette a été mis en place dans une activité de travail avec un groupe d’opérateurs, cela ne veut pas dire qu’il pourra être mis en place systématiquement pour toutes les activités très similaires, voire “identiques”, en termes de tâches à effectuer. Un projet de ce type nécessite, d’une part, que la construction sociale de l’intervention favorise les échanges entre tous les acteurs du projet, et, d’autre part, que les utilisateurs se sentent investis dans l’intégration de ce DAP. Il est alors important de conserver cette logique d’intégration si l’on souhaite que les produits soient “acceptés” et intégrés aux activités similaires, avec des opérateurs et un cadre différent, sinon cela revient à imposer un produit qui peut ne pas être adapté s'il ne passe pas “d’artefact” à “instrument” pour l’opérateur.

Les limites sont alors nombreuses et parfois tacites, mais doivent être prises en compte si l’on souhaite que les projets d’intégration aboutissent dans le bon sens. L’importance de mettre en place une démarche ergonomique permet de prendre en compte ces limites, les étudier et les parer par rapport à une intégration sans ce type de démarche.