Origines des TMS - Les facteurs physiques

Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de l’apparition des Troubles Musculosquelettiques (TMS) : les facteurs physiques, organisationnels ou encore psychosociaux. C’est pourquoi on parle de “pluri-factorialité” des TMS, car ils sont issus de la combinaison de ces différents facteurs, à différents niveaux, ce qui les rend d’autant plus compliqué à déceler, ou encore à mesurer.

Nous allons aujourd’hui traiter les facteurs physiques pour identifier les différents paramètres biomécaniques qui favorisent l’apparition des TMS.

Lors de l’analyse de l’activité de travail réelle, l’ergonome analyse les différents gestes réalisés lors de l’exécution de la tâche ainsi que l’environnement dans lequel l’Homme doit évoluer.

Il identifie les postures, les mouvements répétitifs, les efforts musculaires ou encore les éléments de l’environnement qui apportent une contrainte physique pour les opérateurs.

Les postures contraignantes

Certaines activités entraînent des sensations d’inconfort notamment si elles sont maintenues de façons prolongées, ou plus généralement si elles contraignent l’opérateur à adopter une position inconfortable pour effectuer son activité. Une fois cette analyse de l’activité de l’opérateur effectuée , il s’agira de diminuer le risque d’apparition des TMS en agissant sur l’aménagement de son poste de travail afin de limiter les sensations d’inconfort, de gêne, de douleurs ou encore de fatigue

Il existe une multitude de pistes de solutions pour palier au maintien postural prolongé : l’aménagement du poste de travail, l’aménagement du temps de travail (prévoir des rotations par exemple et des pauses), l’aménagement du rythme de travail (éviter les cadences soutenues, la rotation sur les postes de travail, …).

La répétitivité des gestes

La répétitivité d’un geste se caractérise par la réalisation d’un même geste pendant une période définie (ou cycle de travail). La répétitivité est souvent induite par l’organisation de travail, qui cherche à optimiser au maximum le geste “efficace” des opérateurs avec une cadence de production souvent imposée par une machine. C’est donc le fait d’être contraint additionné à une faible de marge de manœuvre qui rend la répétitivité dangereuse. Le travail répétitif cause des lésions au niveau des articulations, des muscles ou encore des tendons.

On observe plusieurs symptômes physiques liés à la répétitivité : la fatigue musculaire, les sensations de gêne ou inconfort lors de l’exécution du mouvement, les douleurs ou encore, dans les situations les plus graves et avancées : une incapacité de travail. On peut observer également d’autres symptômes identifiables comme l’automatisation de gestes parfois complexes oula perte de sens au travail.

La manutention

De manière assez large, la manutention regroupe les actions de manipulations manuelles (tirer, pousser, porter, …) que peut effectuer un opérateur dans son activité de travail. La manutention peut être un facteur de risque si elle nécessite un effort trop important de la part de l’opérateur. Des normes sont alors apparues, comme par exemple la norme NF X35-109, qui visent à définir un cadre pour limiter les excès sur ce qui peut être demandé à l’opérateur. Ces normes ne doivent pas être vues comme “la limite acceptable” puisque cette limite varie en fonction de chaque individu, de ses capacités.

Dans l’étude des facteurs physiques, il est alors intéressant de questionner la subjectivité des opérateurs, et s’intéresser également à leurs histoires personnelles, pour ainsi comprendre comment ils effectuent leurs activités de travail (par exemple, si un opérateur a un problème à un genou, il favorisera peut-être les flexions ventrales plutôt que les flexions sur les jambes). C’est pourquoi il faut inscrire ces facteurs physiques dans un contexte, et ne jamais prendre pour acquis ce que l’on observe.